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Rencontre avec Jean-Paul Garde – Domaine de Grand Ormeau – 26 juillet 2011

27 juillet 2011

Jean-Paul Garde (Domaine du Grand Ormeau) m’avait réservé un si bel accueil lors de l’opération Portes Ouvertes en Lalande de Pomerol d’avril 2011 (cf. ma fiche) que j’avais promis à quelques proches de nous y rendre en été pour déguster ses crus sur le millésime 2009. Il m’avait fait gouter les primeurs 2010 du Château La Nauze, en Côtes de Castillon, dont les sont prix très doux pour un travail correct. J’avais donc pris contact pour une commande et finalement l’idée germa de la déposer après la visite du domaine de Jean-Paul Garde. Celui-ci s’est rendu disponible ce 26 juillet après-midi.

Domaine du Grand Ormeau, 33500 Neac, Tél. 05 57 51 40 43, En venant de Bordeaux prendre sortie Libourne Est, la D1089, http://wwwdomaine-grand-ormeau.com garde@domaine-grand-ormeau.com

Les deux Jean m’accompagnent pour cette rencontre, les autres amateurs étant partis en vacances pour la période estivale. Je m’adresse en premier à eux pour leur dire que nous avons vécu un moment particulièrement rare. Par l’entremise de leur terre, de leur vigne, de l’élevage de ce qu’ils en tirent et de leur passion, certains viticulteurs nous emmènent dans un monde qu’ils rendent ainsi accessible. Si l’amateur a parfois l’illusion de pouvoir le toucher, Monsieur Garde nous y emmène en toute simplicité, sans sophistication pour privilégier un rapport avant tout humain ne pouvant s’expliquer que par la générosité d’un homme de belle éducation, de cette France qui nous manque parfois. Et Monsieur Garde n’a pas fini de nous surprendre. J’y reviendrai.

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Tout d’abord, nous rejoignons le petit groupe déjà présent qui va finalement profiter de la surprise ci-dessus évoquée. Dans un premier temps, quelques rappels dans une sympathique salle où des photos des différents stades de maturité de la vigne jalonnent le parcours pédagogique. Un petit cours d’ailleurs bien mené, pas trop technique pour ne pas perdre les néophytes présents avec nous, suffisamment étayé pour intéresser l’amateur. Avant l’entrée dans les chais, un petit jeu nous défie de reconnaître le pied de Merlot, celui de cabernet Sauvignon et le cabernet franc plantés dans des demi-barriques.

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Nous poursuivons près des cuves et des barriques pour les explications techniques classiques, mais aussi pour entendre quelques convictions. Nous nous rendons ensuite sur le lieu de la dégustation, à l’étage de l’accueil. Nous arrivons dans une salle idéale pour la dégustation : claire grâce à de belles baies vitrées, des murs peints d’un blanc pas trop agressif, sans odeur, neutre. Là, l’assemblée s’installe autour d’une table pour une belle dégustation, car Monsieur Jean-Paul Garde nous a concocté une sacrée surprise : quinze vins nous attendent !

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Trois millésimes (2008, 2009, 2010) des cinq crus produits par les Garde :

Vieux Château Goujon (Montagne Saint-Emilion),
Château de Marchesseau (Lalande de Pomerol),
Domaine de Grand Ormeau (Lalande de Pomerol),
Fleur des Ormes (Lalande-de-Pomerol),
Château La Truffe (Pomerol).
Impossible de livrer ici un commentaire sur chacun d’entre eux, nous étions là pour vivre le moment de plaisir qu’on nous offrait, épuré d’autres considérations. Je livre juste un sentiment général, les fiches sont pour plus tard.

S’agissant du millésime 2008, d’aucuns qualifie-raient les différents crus de féminins. Qualificatif parfois utilisé pour masquer un manque de puissance, force est de constater que la gente féminine présente apprécie effectivement ce millésime… C’est de belle facture mais je dois confesser que je place les 2009 et les 2010 un cran au-dessus parce que j’aime leur puissance. Le Vieux Château Goujon donne le ton avec un Montagne Saint-Emilion fort bien conçu pour un prix rond : 10 euros. La truffe reste aussi abordable (18,50).

Le Château de Marchesseau est travaillé par Frédéric Garde, le fils de Jean-Paul, qui exploite en fermage. Ce cru est séduisant, c’est le plus élégant de la gamme. La dégustation confirme le sentiment que j’avais eu lors des Portes Ouvertes d’avril. Les tanins sont fins, très agréables. Il tire sur les fruits rouges. Il est sans doute celui qui se livrera le plus rapidement. Le Domaine de Grand Ormeau est plus puissant, les tanins plus présents et très bien intégrés. Idem avec La Fleur des Ormes (à ne pas confondre avec Château Fleur des Ormes en Pomerol), cru produit avec les raisins des plus vieilles vignes. Ils sont très proches mais peut-être que le Fleur des Ormes possède un « chouïa » de matière en plus. Il me plait beaucoup. Ces deux crus offrent un potentiel de garde peut-être supérieur au Marchesseau. Mais ils sauront être disponibles assez tôt. Je testerai. Le Château La Truffe est un Pomerol correct au prix doux pour cette appellation (18,50 pour le 2009). Bref, voici une belle gamme, sans erreur, que ce soit sur le plan œnologique ou sur le plan du positionnement en termes de prix. Monsieur Garde connait bien sa production.
Pour mes emplettes, en 2009, je prends Fleur des Ormes, à 13,50 euros la bouteille ; je le privilégie tant qu’il y en a car sa production est plus confidentielle. Ensuite, il n’est pas regrettable d’aller vers le Domaine du Grand Ormeau, facturé 12,50 euros, loin s’en faut. Je prends également Marchesseau (11,50 euros). Je reviendrai prendre les 2010 d’ici une année après leur mise en bouteille. Je pense qu’ils me plairont beaucoup. Dans la précédente fiche je disais : « pour ceux qui aimeraient visiter accompagnés d’un type en symbiose avec sa terre, pédagogue et généreux, il faut leur conseiller de visiter « Grand Ormeau » ». Je confirme. En aparté je discutais avec d’autres participants, leur sentiment est identique et l’expression qu’ils ont employée fut : « extraordinaire ! ».
Mes acolytes et moi n’en pensons pas moins. De plus, c’est vraiment du bon rapport qualité prix et ces derniers sont raisonnables. Il est également très agréable d’acheter les flacons à la propriété. C’est quand même autre chose que de remplir un chariot en supermarché.

L’absence du Domaine de Grand Ormeau et Fleur des Ormes dans certains guides m’étonne, ça me paraît même incompréhensible, il faudra que j’en discute avec Franck (Franck si tu lis ces lignes…).

Monsieur Garde nous propose de nous conduire au château La Nauze, dont il m’avait fait gouter les primeurs 2010 .. et altruiste avec cela… Cupidon a comploté avec Bacchus pour nous faire aimer ce type !

C’est évidemment une aventure que l’on souhaite belle à Leslie Verfaillie, qui porte la reprise d’entreprise pour la famille ayant racheté Château La Nauze. Elle n’est pas issue de la viticulture et apprend sur le tas depuis l’achat en 2007. Son premier cru est donc le 2008. Elle est épaulée par Jean-Marc Domme, homme du métier. Nous arrivons en fin d’après-midi alors que le 2009 vient juste d’être mis en bouteille (photo du centre ci-dessous). Avant d’arriver sur le site nous passons devant le château de Monbadon (photo de gauche). Le site du Château La Nauze n’est pas aisé à trouver : depuis St Emilion, prendre la direction de Puisseguin, pour ensuite se diriger vers Monbadon ; après être passé devant le château médiéval de Monbadon, remonter avant un grand virage. Continuer sur 500 mètres, la propriété est sur la gauche.

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