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Printemps des Châteaux du Médoc 31 mars et 1er avril 2012

7 avril 2012

Pour cette note, relative aux visites effectuées durant le printemps des châteaux du Médoc, il sera difficile de rendre compte de toutes les impressions afférentes aux vins dégustés (16 châteaux visités). Ici, juste une sélection, et les vins ne font pas l’objet d’un florilège de détails du type cépages, superficies, etc., ces informations sont disponibles sur les sites des châteaux hébergeant leur fiche technique. Les portes ouvertes en Médoc sont incontournables pour les amateurs plus ou moins avertis. Merci aux organisateurs !

Premier arrêt pour Château Prieuré Lichine, un cru classé de Margaux ouvrant ses portes pour une telle opération, a priori, cela ne se manque pas. Une jeune dame a conduit de façon remarquable la visite.

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Deuxième arrêt au Château Tour Sieujan, à Saint Laurent Médoc. D’appellation Pauillac, la propriété familiale (cela devient rare en ces contrées) propose également un Haut-Médoc. La demeure est originale, avec son allure de petit château fort. Qu’on ne s’y trompe pas, la tour est véritablement d’époque médiévale (10eme siècle).
Les lieux sont impeccablement tenus, le chai est neuf et le viticulteur, Stéphane Chaumont, est passionné, consciencieux.
Le millésime 2009 du Pauillac possède une robe profonde, entre le grenat et le rubis, un nez légèrement marqué ; le toucher de bouche délicat ; l’élevage ne devrait pas tarder à se dissimuler derrière l’agréable fruit. Quelques années de cave sont nécessaires pour un vin facturé 21 euros à la propriété, je ne prends qu’une bouteille, pour voir, car c’est d’un rapport un peu cher, même si on peut comprendre qu’il faut bien amortir les installations (et que le travial est bien fait). Le primeur 2011 est proposé à 14,60 euros.

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L’heure du déjeuner nous conduit au Château Le Crock (photos ci-dessous) qui propose, pour 13 euros : entrée (charcuterie et terrine), plat (pièce de bœuf grillée et frites), fromage, dessert (fondant au chocolat), vin rouge (et carafe d’eau) et café. C’est peu onéreux et bon, l’ambiance est sympathique avec un service souriant, un chef de culture (Robert Magimel) radieux et attentionné, une organisation efficacement orchestrée par Florence Cuvelier (toutes les places étaient prises et le service parvenait à suivre malgré l’imprévu d’un groupe devant arriver le lendemain et ayant précipité sa visite). Faut-il préciser que j’y retourne l’année prochaine (en souhaitant que Le Crock réitère) ? 

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Sur cette commune de Saint-Estèphe, la grave se montre ostentatoirement à certains endroits, mais les reliefs (c’est à l’occasion vallonné) dévoilent finalement une variété de terroirs. Avant notre arrivée au Château Le Crock, notre itinéraire longe le Cos D’estournel, malheureusement une fois de plus fermé ; j’irai cet été. Au château Le Crock, la cerise sur le gâteau, c’est la visite conduite par le maître des lieux, Didier Cuvelier, qui partage en famille la propriété du château ainsi que celle de Léoville Poyferré. Il livre au passage quelques nostalgies, puisque l’imposante demeure du Château Le Crock fut le lieu de réunions de famille cadencées par le travail à la vigne.
On sait que les Saint-Estèphe appellent la patience. Quelques bonnes années de cave précèdent leur disponibilité. Le Crock, m’a-t-on dit, ne déroge pas à cette règle stéphanoise, l’austérité caractérisant la jeunesse du cru. Et bien j’ai été surpris de constater que cette règle plie ici quelques peu avec les jeunes millésimes proposés, et c’est agréable. Le primeur 2011, avec toutes les précautions qu’il convient de prendre à cet égard lorsqu’on est amateur, est d’un bon présage. J’emmène un 2002 pour apprécier l’évolution d’un millésime réputé petit.
L’arrêt au Château Le Crock fut très agréable. Au plaisir de vous y rencontrer (ne venez toutefois pas trop nombreux, que j’y garde une place…).

Direction Château Tours des Termes, Saint-Estèphe, où la précédente édition avait été pour moi une révélation. Les 2003 et les 2005, ainsi que le primeur 2010, déclenchèrent quelques achats non regrettés (le 2003 se boit très bien, le 2005 doit encore attendre un peu, pour le primeur 2010 une belle commande groupée a été lancée). Je suis moins enthousiaste que l’année dernière s’agissant de l’édition 2012 où était présentés, entre autres, les millésimes 2009 et le primeur 2011, ainsi que d’autres cuvées comme par exemple le fleuron local, l’Alexaure.

En route pour Château Fontestau, Haut-Médoc, domaine d’une centaine d’hectares dont une trentaine plantée de vignes. La demeure du 13eme est superbement rénovée. L’un des copropriétaires est un français associé à un allemand apparemment fortuné. Il est intarissable et de belle compagnie, très disponible. Cette générosité s’exprime également par le nombre de crus ou millésimes (de 1998 à 2009 + primeur) proposés à la dégustation. Le 2009 a un côté framboise agréable. Beau chais de 60m x 12m. Ce n’est pas le genre de vin que je cherche.

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Le Château Camensac donne accès à une chartreuse du 18eme. C’est certes plus mesuré que son voisin (La Tour Carnet), mais la demeure est très belle ; elle semble accessible (j’y poserais bien mes bagages le temps d’un WE), agréable et très bien, à la fois, rénovée et aménagée. Nous arrivons un peu tard et la jeune femme qui sera notre accompagnatrice pour un parcours accéléré nous confessa qu’elle avait l’intention de nous refouler en nous voyant arriver. Elle n’a toutefois pas su le faire, à notre plus grand plaisir. Visite express pour ne pas trop embarrasser. L’année prochaine j’y retournerai. A la dégustation, le second vin, La Closerie de Camensac 2006, bien, puis le premier, Château Camensac 2006, très bien avec de la matière mais facile, digeste, bien structuré, ça me plait. Vient ensuite le 2001, un cran en dessous (le château a été racheté en 2005, premier millésime de la nouvelle équipe : 2006). Je n’ai jamais encavé ce cru, je prends rendez-vous avec lui (après le 2006).

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Ce samedi se termine au Château Julia, où une jeune femme s’est émancipée de la coopérative de Pauillac (La Rose Pauillac) pour lancer son cru et exploiter 4 hectares. Nous avons rencontré le tempérament d’une femme motivée. Fière de son étiquette (ci-dessous, je vous laisse juge) et du nom du cru résultant de la contraction du prénom de ses deux enfants, elle facture plus de 20 euros la bouteille. C’est peut-être un peu tôt, et un « poil » trop cher. Mais parions sur mon erreur pour souhaiter à ce cru de se révéler et à ce fort tempérament pouvant séduire de prochainement nous surprendre positivement, car il y a beaucoup de travail et cela mérite le respect. Ce n’est simplement pas le vin que je cherche.

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Dimanche, 9h, un comité plus restreint reprend la route du Médoc. L’idée est de commencer par le Château La Tour de Bessan, en appellation Margaux, dirigé par Marie-Laure Lurton (qui soigne son accueil). Elle propose également, toujours en culture raisonnée, Château le Villegeorge, un Haut-Médoc, et Château Duplessis, un Moulis en Médoc. L’exposition de voitures anciennes distrait avant que la visite ne commence. Explication détaillée d’un Maître de Chai avenant, la visite est intéressante, qu’il s’agisse de la technique ou de l’histoire de l’installation dans ce bâtiment béton des années 1930 qui hébergea un projet de télécommunication et de télévision. Un néophyte croirait qu’il a été pourtant prévu pour son activité actuelle.

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Ici, on ressent le plaisir de travailler ensemble et de vouloir bien faire. La dégustation confirme ces impressions. Le second vin, Le Page de la Tour Bessan 2006, entame une belle dégustation, suivi du Moulis qui m’a un peu moins séduit mais ce 2008 nécessite encore de la garde tout comme le premier vin, en Margaux, Château La Tour Bessan 2009. Si je n’étais pas à la recherche de vins prêts à boire, je me serais sans doute laisser tenter par quelques flacons (à une quinzaine d’euros, je regrette de ne pas en avoir pris, au moins, un pour le mettre à la dégustation avec les amis amateurs et apprécier à distance d’un accueil très bon). Il faudra l’attendre car il reste un poil végétal mais aucune inquiétude sur ce plan car son élégance actuelle prendra le dessus. Le Château le Villegeorge 2006 est, lui, d’ores et déjà disponible pour notre palais, lequel devrait néanmoins faire l’effort de le laisser vieillir encore au moins deux années. Le nez est flatteur, présent, relativement riche. En bouche un beau toucher, rond, apporte de façon structurée du fruit rouge et une longueur moyenne tout à fait convenable. J’en prends une bouteille pour une prochaine dégustation entre amis.Voici donc une belle adresse, à revisiter dès qu’une invitation sera lancée.

Pour le déjeuner du dimanche, nous nous rendons au restaurant le Savoie, à Margaux. Si dans l’assiette ce n’est pas mal travaillé, le temps d’attente atteignant deux heures malgré notre arrivée au début du service (pour un plat et un dessert), associé à un service discutable (quelques cours sur l’empathie et la qualité de service resteraient vains…), une véranda méritant lessivage et une addition rendant l’ensemble salé au regard de la prestation effectuée me conduisent à conseiller de passer votre chemin, un bon pique-nique vaut 100 fois cet arrêt inutile et contrariant.

Le Château Lalaudey a cette histoire originale du filet enveloppant les bouteilles, à l’instar des pratiques d’un âge plus ancien où cet artifice garantissait la provenance du contenu de la bouteille. Le cinéaste Francis Ford Coppola, amateur et propriétaire de crus américains, a contacté le propriétaire, Patrick Meynard, ancien expert-comptable, et dont les aïeuls fabriquaient ces filets. A nouveau, je ne suis pas en terrain recherché pour ce cru.

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Un petit passage par Château Citran, déjà visité il y a deux ans, car le prospectus du printemps des châteaux annonce les 2004, 2006 et 2009 à la dégustation. C’est l’occasion de gouter les millésimes 2006 et 2009 (j’en ai encavés quelques flacons). Qualifié par certains de vin de GD (mais ce n’est pas le seul), si la grande émotion ne s’est jamais manifestée (ce n’est toujours pas le seul), cela reste correct dans cette gamme de prix. Le 2004 est assez fin, à boire ; le 2006 gagne en densité mais il est encore fermé et il n’aurait peut-être pas du être servi. Le 2009 présente un beau potentiel : une robe profonde annonce de la matière effectivement présente et le vin révèle un fruit généreux, ample, c’est suffisamment long. Pas mécontent de mon achat (en FAV). Ici, je prends une bouteille de 2003 bue le 6 avril (trop tôt, encore fermé, mais potentiel moyen).

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Une promenade de plus au Château La Tour Carnet, à la fois pour le site, magnifiquement entretenu, et pour le vin (le 2009 est à la dégustation). Bonne surprise, on nous fait gouter le blanc 2010 également, intéressant. S’agissant du rouge 2009, pour l’instant c’est très boisé et les mauvaises langues ne seront pas surprises. C’est certes encore marqué par l’élevage, mais le temps (au moins une dizaine d’années) sera l’allié de ce millésime en qui j’ai confiance (même si pour l’instant il me faut confesser que je peine à me faire une idée, je ne suis pas un pro…). C’est quand même moins flatteur que le 2006 bu l’année dernière. D’ailleurs, j’en ai trouvé chez Alice fin 2011, à Bordeaux, mais je pleure au chevet des quatre bouteilles qui me restent, les deux premières dégustées ont, pour la première, inquiété et, pour la deuxième vite débouchée, confirmé de très mauvaises conditions de garde. Cela fait, douloureusement, 150 euros perdus… Merci Alice…
Un mot pour le remarquable accueil d’une dame habitant sur les lieux. Cet accueil dépasse celui de 2011 déjà très apprécié (cf. le compte rendu de visite de l’année dernière). Cela tranche avec l’austérité du Château Pape Clément (qui devrait prendre exemple). Autrement dit, un arrêt au Château La Tour Carnet reste un plaisir non dissimulé.

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Arrêt au Château Saint Ahon (photos ci-dessous). Je ne connaissais pas ce cru. Un surf sur le web affiche une belle bâtisse, et une belle étiquette pour les bouteilles. Ce bon goût intrigue. Sur place, une verticale : 2004, 2006, 2007, 2008, 2009 et le primeur 2011. Impeccable pour se faire une bonne idée. Sourire et envie de partager, on se sent bien dans ce château. Côté vin, plus on s’approche de 2011, plus il faut constater que ce cru gagne en densité et opère un changement de style. Sans parler de modernisation, il s’agit sans doute de coller davantage à l’évolution du goût du consommateur. C’est plutôt bien fait, c’est-à-dire que cela ne racole pas, ce n’est pas lourd, c’est propre.
J’ai apprécié la finesse et le classicisme du 2004 (me rappelant, au passage, mon éclectisme). Il brille d’une belle limpidité, couleur rubis d’une clarté moyenne, un nez présent que certains trouveront discret mais c’est agréable, correct. Le toucher de bouche est relativement neutre, légèrement rond, la longueur est certes moyenne mais l’ensemble est équilibré voire harmonieux. Un vin fin, de 12,5% qui ne verse pas dans la puissance, préférant la digestibilité à la fois pour l’estomac et le porte monnaie. En effet, à 11,10 euros, c’est un bon rapport q/p et c’est à boire, une agréable facilité. Et pourquoi ne pas se laisser tenter par le primeur : 8,5 euros. J’emporte quelques 2009. Ce millésime est plus dense, plus croquant, c’est sans risque pour un bon 13 euros à la boutique du château. Le 6 avril, j’ai mis le 2004 à la dégustation. Le propos est confirmé. Rien d’exceptionnel mais une petite découverte sympathique. Je vais lui faire un peu de place en cave ; à conseiller pour un cru au positionnement bien pensé.

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Le Château Cantemerle (ci-dessous) présente le 2010. Courte visite des chais, juste histoire de me remémorer les lieux, et direction la dégustation.
Comment vous en rendre compte…
Je me lance : Enorme ! Magnifique ! Superbe ! Une bombe ! Gros coup de cœur ! J’adore !
C’est difficile de livrer la très grosse impression d’un vin à déguster dans quelques années mais qui, d’ores et déjà, offre une robe brillante, grenat-rubis, profonde. Le nez, intense, enivre de sa complexité. Le toucher est paradoxal, il est à la fois délicat et ample, velouté, rond. Le fruit se croque, la longueur est bonne, juteuse, c’est parfait. Bravo !
Il reste à espérer qu’on le trouvera en FAV à un prix raisonnable et que la bulle spéculative ne mène pas vers une trahison de notre fidélité. Le 2009 était déjà passé à 24,95 pour le meilleur prix trouvé (Auchan), alors que j’ai touché le 2008 à 19 euros. Incitons le château et ses distributeurs à penser à ses fidèles acheteurs particuliers. A bon entendeur…

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Au Château Clément-Pichon, je goute le second et le premier vin respectivement en 2009 et 2008. C’est correct. Il est possible de gouter d’autres vins Fayat (Château La Dominique 2007 en Saint-Emilion grand cru, Château Fayat 2009 en Pomerol ; ce dernier résulte de parcelles récemment rachetées dont une sur le lieu-dit Bourgneuf).

Avant le retour au bercail, plaisir des yeux en observant le Château d’Agassac. Côté vin, l’Agassant d’Agassac et le premier vin en dégustation (y compris son primeur) confirment un cru gagnant en qualité mais au style moderne.

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Trop tard pour passer au Château Micalet. Je le mets au programme de l’année prochaine (un bon vin à moins de 10 euros c’est plutôt rare, l’édition 2013 sera peut-être l’occasion d’une petite verticale 2005 – 2010, ces viticulteurs, rencontrés en 2011, sont généreux).

Ma prochaine escapade sera pour Saint-Emilion, à la fin du mois d’avril.

Crus visités lors des précédentes éditions : Micalet, Chasse Spleen, Lynch Bages, Tour des Termes, Cos Labory, La Tour Carnet, Malleret, Dauzac, Agassac, Gressier Grand Poujeaux, et quelques autres.

 

 

 

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