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Portes Ouvertes Pessac Léognan 3 et 4 décembre 2011

9 décembre 2011

Expédition en petit groupe pour cette opération PO en Pessac-Léognan attendue au regard de la belle fréquentation des sites, et malgré une météo invitant peu à l’escapade. C’est la troisième fois que je fréquente cette initiative de l’appellation associant le nom de deux communes mais étalée sur Pessac, Léognan, Martillac, Mérignac, Canéjan, Villenave d’Ornon, Saint-Médard d’Eyrans et Cadaujac. Lors des deux précédentes éditions, j’ai visité : La Garde, Rochemorin, Domaine du Chevalier, Haut-Bailly, Larrivet Haut-Brion, Latour Martillac, Domaine de la Solitude, Domaine du Merlet, Smith Haut Laffitte, Carbonnieux, Château de France, La Louvière, Bouscaut, Brown.

Premier arrêt matinal à Malartic-Lagravière, château tenant son nom du comte Hippolyte de Maurès de Lagravière l’ayant acheté à la fin du XVIIIème siècle. Le château passe aux mains de Madame Ricard en 1850 avant de devenir la propriété du champenois Laurent Perrier. Après avoir remarquablement développé en une dizaine d’années la marque Eau Ecarlate, Alfred Alexandre et Michèle Bonnie achètent Malartic et associent leurs enfants à cette affaire.
La propriété est près du cœur du village de Léognan. L’accès à la visite se fait par l’arrière d’un bel édifice qu’il est difficile d’observer ; dommage, le site web donnait envie de pouvoir contempler cette magnifique demeure.
Pour la visite, il nous faut d’abord attendre dans une salle. Un groupe, apparemment conduit par une connaissance de la maison, nous grille la politesse. Le temps d’attente est rallongé par notre guide souhaitant que ce groupe prenne un peu d’avance. C’est agaçant.
Enfin, nous avançons dans un couloir dont un mur représente une coupe des différents sols où sont plantés les différents cépages utilisés par les crus locaux (Merlot, Cabernet-Sauvignon, Cabernet-Franc et petit Verdot pour les rouges, Sauvignon et Sémillon pour les blancs). Plus loin, dans ce couloir, nous passons à côté des chais et de reproductions agrandies de quelques étiquettes depuis 1937.

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Les lieux sont pensés pour un travail précis mais les explications sont amputées par un guide confessant sans scrupule son incompétence technique dans ce domaine. Pourquoi diable cet homme (par ailleurs très sympathique) est-il réquisitionné pour une telle opération ? Bref, je suis déçu par la visite, moins par la dégustation. Je goute les seconds en blanc et en rouge (le Sillage de Malartic ou la Réserve de Malartic selon les millésimes puisque ce second a changé de nom), le premier vin en 2006. Les doses en verre ne sont pas millimétrées et me voici un peu mieux disposé … Tous les vins sont bien travaillés et c’est bon. Pas de grande émotions toutefois, même avec le premier vin qui ne s’offre pas totalement, malgré une finale prometteuse. Il me semble que le vin nécessite encore quelques années de cave, ou peut-être un carafage. Je l’espère, j’en possède quelques-unes. Mais cette dégustation rassure sur le potentiel (forcément en partie seulement, il faudra voir cela dans 4 ou 5 ans). J’ai ouvert quelques millésimes 2006 de différents crus ces derniers temps, de différentes appellations, c’est souvent encore fermé (paradoxe…).

Le 2006 est proposé à 33 euros. En FAV, en septembre, le 2009 a atteint 45 euros (le 2008 était à 28 euros un an plus tôt ; certes il y a, pour d’autres crus, des excès bien plus marqués).

Direction Château Pape Clément, que j’ai visité en 2000 lors d’un congrès de l’Académie de l’Entrepreneuriat. Le site est en travaux. Une visite, certes correcte, livre toutefois l’impression d’être récitée. Il manque l’âme et la passion. La boutique, où les vins Magrez sont en vente, propose une dégustation (dosage millimétré cette fois) du second vin local, le Clémentin de Pape Clément 2007. Ce dernier ne restera pas dans les annales. Les prix dépassent allégrement ceux des foires aux vins (ex : magnum de La Tour Carnet 2009 à 92 euros alors que la bouteille était à 24,95 à Auchan en septembre…)… Un effort pourrait être fait lors d’une telle opération, en sortant quelques vrais bons prix sur des millésimes prêts à boire par exemple, rapprochant ainsi la figure emblématique de la réussite dans le domaine du vin qu’est Bernard Magrez d’une population autochtone passionnée. Nous ne nous attardons guère en ce lieu inintéressant pour l’amateur averti. Je vais rapidement oublier ce moment pour plutôt me souvenir de l’accueil de 2000. On est également très loin de la superbe visite du Château La Tour Carnet, du même propriétaire Bernard Magrez, effectuée lors des portes ouvertes en Médoc en avril dernier, où la qualité de l’accueil et la beauté du site nous conduiront, sans doute, à y retourner lors des prochaines en Médoc (cf. ma fiche où je parle du 2006 de ce cru très réussi, belle matière souple et longue).

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Après un déjeuner au Café Bleu à Talence (crêperie de qualité au prix doux, au personnel aussi sympa que le boss et à la déco délicieusement kitch), je ne peux éviter le Château Larrivet Haut-Brion. L’année dernière nous y avions dégusté, notamment, le second vin rouge en 2007 qui était plaisant et le blanc en 2004 qui m’avait séduit. Cette année, c’est le millésime 2005 qui est proposé en blanc. Moins ample à mon sens, il attaque néanmoins un peu plus. Je le trouve moins délicat que le 2004. Cette comparaison est induite par la charmante et accueillante fille des propriétaires qui me posait la question de ma préférence. Le 2005 reste sans aucun doute d’un bon rapport qualité prix et me plait. Mais comme le millésime 2004 est proposé à 22,5 euros avec une bouteille offerte pour deux achetées (ce qui fait 15 euros la bouteille), la cave va recevoir trois nouvelles bouteilles. En rouge, je goûte le 2003 (assemblage : 65% Merlot, 35% Cabernet-Sauvignon), proposé à 75 euros les trois bouteilles. Pour un vin conservé dans d’excellentes conditions, le prix reste correct. La couleur annonce un vin prêt, tout comme le nez que je trouve terreux avant même d’avoir mis en bouche (ça me fait penser un peu à la Croix du Casse 2002 sur ce plan). La bouche (finalement bien différente du cru auquel je le nez me faisait penser) confirme l’évolution d’un vin à boire dont la souplesse est agréable. La finale n’est pas d’anthologie mais présente. Les bouteilles seront servis cet hiver sur des plats de saison et cela promet de bons accords mets et vins. Je passerai à nouveau l’année prochaine au Château Larrivet Haut-Brion qui joue assez bien le jeu des portes ouvertes en nous sortant des millésimes à boire avec des prix qui pourraient encore être un peu plus doux pour que ce soit parfait, mais raisonnables si l’on considère les bonnes conditions de garde des vins proposés (hormis chez les bons cavistes équipés, il est toujours hasardeux d’acheter, ailleurs qu’au château, des millésimes agés). La photo des chais illustre depuis plus d’un an maintenant le fond d’écran de mon Iphone.

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Petit arrêt au Château Bouscaut ; l’idée n’était pas d’aller déguster (nous l’avons fait l’année dernière), mais puisque nous passons devant il est difficile de ne pas contempler à nouveau ce joli bâtiment. Il s’avère que la dégustation se déroule cette année dans une pièce du château. Notre amour des belles demeures nous incite donc à nous y rendre. A nouveau je suis embarrassé pour apprécier les vins (les premiers et les seconds en blancs et en rouge sur le millésime 2009), trop boisés aujourd’hui, mon amateurisme m’interdit d’imaginer comment cela va évoluer et je préfère m’abstenir d’autres commentaires sauf à dire que Bouscaut ne doit pas se boire jeune.

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Direction Château Baulos-Charmes, que j’ai gouté lors des vendanges chez Marc Pointet (Domaine du petit Bourdieu). Les prix sont doux, autour de 12 euros et les rapports qualité prix des deux millésimes (2008 et 2009) sont très corrects. Etant plutôt à la recherche de vin à boire dès à présent, je ne me laisse pas tenter mais, sans risque, c’est un cru recommandable (et pouvant certes être dégusté jeune). Très bon accueil et équipe sympathique. Il faudrait peut-être imaginer une fiche dégustation dans quelques années sur une bouteille ayant un peu vieillie.

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Court arrêt au Château Haut-Nouchet dont le rapport qualité prix des crus dégustés ne m’a pas touché.

Un échange mail avec Smith Haut-Laffite m’avait informé que la boutique était ouverte, alors que le château ne participait pas à l’opération portes ouvertes cette année. J’adore ce site au plateau magnifique. Il est certes dénaturé par l’hôtellerie, le restaurant et les Sources de Caudalie, mais c’est plutôt bien fait. J’ai aussi beaucoup apprécié le rapport qualité prix du Château Cantelys que j’avais trouvé en grande surface il y a trois ans (Auchan) et où le 1999 était facturé 8,95 (le prix est habituellement d’un petit 15 euros). Après l’achat d’une bouteille pour gouter, j’y étais retourné prendre une caisse. Je ne connais que ce millésime de ce cru qui n’est pas le troisième vin (après Smith Haut-Laffite et les Hauts de Smith), mais une autre propriété située sur la commune de Martillac (une vingtaine d’hectare de vignes) et possédée par le couple Cathiard (depuis 1994), anciens skieurs de haut niveau et ancien propriétaire de Go Sport.

Il s’avère qu’une opération propose, pour le week-end, une caisse de Cantelys blanc 2002 offerte pour une caisse achetée, cette dernière étant facturée 66 euros. Bref, 66 euros pour 12 bouteilles de Cantelys blanc 2002. Je goute et je préfère garder mes euros pour un autre achat… Par contre, d’autres achètent. Je remarque toutefois une autre promotion. En rouge, le magnum de Cantelys 1999 est à 16 euros : aucune hésitation, la carte bleue chauffe un peu pour quelques flacons, car le vin sera à boire rapidement. En effet, en bouteille il commençait à virer l’année dernière (sans pour autant madériser). En magnum il devrait être à point. Le magnum 1996 est au même prix mais ne le connaissant pas, je laisse la mise sur le 1999.

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Il est temps de rentrer, mais l’itinéraire pris (ou provoqué…) nous fait passer devant Grandmaison (2009 en rouge, 2010 en blanc, corrects mais je ne cherche pas de crus récents lors de PO), La Louvière et Brown (quel bon souvenir du 2007 blanc, moins d’émotion sur le 2010 aujourd’hui gouté).

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Courts arrêts sauf à La Louvière où ce n’est pas inintéressant, où le château est magnifiquement éclairé et où on peut généreusement gouter. Bref, le site est accueillant.

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Cette visite qui ne fut pas marathon car la densité des châteaux le permet. J’ai, une nouvelle fois, apprécié l’arrêt au château Larrivet Haut-Brion. Dommage que, comme l’année dernière, son voisin (presque en face) n’était pas ouvert (Haut Bailly, qui avait mis quelques crus du premier et du second, sur différents millésimes, en vente ; un magnum de la Parde de Haut-Bailly 1998 voulait absolument rentrer avec moi à la maison…). L’année prochaine, je ferai un nouvel arrêt au Domaine de la Solitude, où l’ambiance est extrêmement sympathique lors des PO (huitres, saucisses, vins, …) et les échanges entre visiteurs spontanés.

 

 

 

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