entonnoir

La carafe : usage plutôt qu’esthétisme

10 mai 2015

Des carafes, il y en a pour tous les goûts, … c’est-à-dire autant pour un usage visant à magnifier le vin que pour dresser une table avec de beaux objets.

Lorsqu’il s’agit de magnifier un vin, deux cas se présentent.

Dans le premier, avec un vin jeune, voire « adolescent », l’opération consistant à verser le liquide de la bouteille dans la carafe sera réalisée de une à plusieurs heures avant le service afin que l’oxygénation du vin révèle son caractère et ses qualités organoleptiques. Par néologisme on parle de « carafage ». C’est absolument nécessaire avec les vins présentant une réduction (justement parce que très protégés de l’oxygène par exemple lors de l’élevage, prudence nécessaire lorsque la quantité de souffre apportée est très limitée, ce qu’on ne peut que féliciter quoiqu’en disent les débats à ce sujet).

Dans le second cas, avec un vin vieux, l’opération appelée « décantation » sera réalisée juste avant le service pour éviter, cette fois au contraire, que le vin devenu plus fragile et délicat ne perde son potentiel émotionnel. La décantation évite que le dépôt, alors laissé dans la bouteille, n’aille plus tard dans le verre puisque le vin décanté en a été séparé.

Certes, l’âge d’un vin est relatif. Un vin jeune aura ici moins de 10 ans, un vin vieux plus de vingt ans, entre les deux je carafe de une à deux heures. Dans tous les cas, lorsque c’est possible, même si la soirée est improvisée, les vins de moins de 15 ans sont passés en carafe au moins une heure (plus difficile avec les blancs servis à l’apéro). Cela leur apporte toujours.

Dans les deux cas ma pratique est aujourd’hui la suivante.

Je carafe ou décante le vin. La carafe reste dans la cave à vin (pour la température) pour n’être remontée que lors de la remise en bouteille (laquelle est immédiate, comme indiqué précédemment, pour les vins vieux que je possède peu, lesquels ont d’ailleurs souvent été suffisamment oxygénés lors de l’opération). La bouteille est rincée, en ayant pris le soin de faire couler l’eau du robinet une bonne minute pour ne pas avoir une eau trop chargée en odeur de canalisation ou autre. Elle est placée à l’envers afin qu’aucune trace d’eau ne reste. Juste avant le service, à l’aide d’un entonnoir réservé à cet usage, le vin est remis dans la bouteille. Lorsque plusieurs vins sont mis en carafe, le procédé est le même pour toutes, avec des temps éventuellement différents.

Le service est fait avec la bouteille dans laquelle est placé un disque stop-goutte, ce qu’apprécie particulièrement mon épouse puisque les nappes sont ainsi mieux épargnées … Comme de nombreux amis sont amateurs de vins, l’étiquette provoque la discussion.

Ceci dit, « tout chose égale par ailleurs » … car d’autres critères doivent être intégrés, par exemple la structure tannique du vin. Les circonstances ne permettent pas toujours une telle préparation. A un ami, ayant opté pour un 2009 plutôt tannique et trop marqué par l’élevage à l’ouverture de la bouteille (qui devient plus discret après une heure de carafage), vin destiné à une soirée festive d’anniversaire de mariage, le conseil a été de déboucher les douze bouteilles la veille et de les laisser dans un endroit relativement frais (sans pouvoir ici les épauler, quoiqu’avec une carafe à côté cela serait possible).