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Eric Bernardin, Pierre Le Hong, Crus Classés de Saint-Emilion, Editions Sud-Ouest, 2013

5 octobre 2013

Les compères réitèrent. En effet, après trois années de travail consacrées à un ouvrage sur les grands crus du Médoc sorti en 2010, Eric Bernardin et Pierre Le Hong ont passé le même temps pour proposer un ouvrage aussi beau et aussi documenté sur quelques prestigieux crus de Saint-Emilion. L’ouvrage est au format 260 x 290 mm, la couverture cartonnée est épaisse, il « pèse » 208 pages.

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Cet ouvrage présente les châteaux suivants : Château Cheval Blanc, Château La Dominique, Château Angélus, Château Canon La Gaffelière, Château La Gaffelière, Château Ausone, Clos Fourtet, Château Fonroque, Château Canon, Château Beauséjour, Château Beau-Séjour-Bécot, Château Pavie, Château Larcis-Ducasse, Château Pavie Macquin, Château Troplong-Mondot, Château Tertre-Roteboeuf, Château Fombrauge, Château Valandraud, Château de Pressac et Château Faugères.

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Le texte reste celui de passionnés, les illustrations sont toujours aussi soignées, je prendrais volontiers Pierre Le Hong comme illustrateur de mes prochains ouvrages (ils feraient moins austères, …). La mise en page est identique au précédent ouvrage de ces auteurs. Ils ont bien fait de la garder.

Le début de l’ouvrage dresse deux portraits : celui de Jean-Philippe Fort, bras droit de Michel Rolland, celui de Stéphane Derenoncourt, pour recevoir leur conception de la vigne et du vin.

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Avec cet ouvrage, on a le sentiment que les auteurs se sont davantage approchés des propriétaires, des vignerons et de leurs équipes. Comme si la rive droite était plus accessible, un peu plus moderne dans la relation à l’autre. Il faut dire, comme le note Bernardin dans son point de vue livré en page 202 : « ce qui nous aura le plus marqué dans la rédaction de cet ouvrage, … , C’est la galerie de personnages rencontrés au fil de nos visites. En effet, contrairement aux crus prestigieux de la rive gauche – où les hommes ne font que s’inscrire dans une histoire multiséculaire qui les dépasse – Saint-Emilion laisse plus de champs aux destins individuels ». Encore faut-il croire au destin, à regarder de près le parcours de Jean-Luc Thunevin et Murielle Andraud , ou celui de Stéphane Derenoncourt, mon interprétation ne laisse guère de place au destin, mais davantage au talent, tant dans les métiers du vin que dans celui d’entrepreneur. Il faut y ajouter un contexte où les vignerons savent se remettre en cause, le classement révisé tous les 10 ans en témoigne, les controverses afférentes étant inéluctables et démontrant que le risque est inhérent à l’entreprise.

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Au registre de brèves remarques : quelques espaces plus vides sur la première page de chaque château (l’édition 2010 proposait une infographie en coupe donnant une dynamique à l’esthétisme, mais l’apport ne se justifiait sans doute pas ici) ;  une nouvelle fois, pas de sommaire, pas de  table des matières, à mon sens une erreur que l’éditeur aurait du corriger, donc une faute de ce dernier. Quelques pages trahissent une livraison un peu rapide, c’est-à-dire une encre pas suffisamment sèche avant la reliure, mais rien d’alarmant.

Oublions ces détails qu’une recension doit confesser pour, très sincèrement, inviter à l’achat de ce magnifique ouvrage que tout amateur doit, au même titre que celui sur le Médoc, posséder. Superbe !

Le « plus » : une carte dans un tiré à part avec 200 châteaux de Saint-Emilion.

Saint-Emilion est une cité fabuleuse, magique et envoutante dont je foule, avec un plaisir sans cesse renouvelé, les pavés au moins une trentaine de fois par an. A défaut de pouvoir y résider, j’ai la chance d’y être en 20 minutes. Mais en plus, désormais, de chez moi, j’ai la possibilité de m’y plonger avec l’ouvrage de ces auteurs à féliciter. Bravo les gars.

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Une note pour l’éditeur : à quand une version en langue anglaise, tant il paraît impensable de ne pas l’éditer (image des crus dans le monde, nombre de touristes, etc.) ? Ce ne doit pas être un problème de coût, le mot traduit se négociant autour de 14 centimes, et si ce n’est que cela il suffirait demander la participation des crus présents dans les ouvrages, la note de la traduction ne sera pas très salée. 

 

 

 

Un commentaire

  1. Eric B dit :

    Merci pour la « critique ». Je ne peux qu’être d’accord avec les points évoqués. Dans le premier, il y avait une mini table des matières qui apparaissait sous la carte de la D2. Comme la seule carte générale est celle qui est offerte avec le livre, on a oublié de la mettre ailleurs…

    Pour l’encre, je crois que le délai d’impression a été un peu trop court (un mois contre deux pour le premier) et le livre en a un peu pâti.

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