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Compte-rendu du Printemps des châteaux du Médoc, 23 et 24 mars 2013

30 mars 2013

Cette escapadoenophile est particulière à double titre.
Sur le premier jour, elle a été l’occasion d’une rencontre, hors parcours, confortant les raisons pour lesquelles le monde du vin (dont évidemment ceux qui le font) me passionne. A ce titre, la part belle de ce compte rendu devrait être offerte au Clos Manou. Si ce cru n’ouvrait pas ses portes à l’occasion du printemps des châteaux du Médoc, nous nous y sommes néanmoins arrêtés. Je ferai, après celui-ci et d’ici 2 à 3 jours, un post dédié à ce que nous y avons vécu (un beau moment avec des vignerons passionnés, méticuleux et talentueux).
Le deuxième jour, mon copain de trente ans a fait la surprise d’apparaître tôt le matin, venu du nord, pour fêter mes 50 ans, toute la famille ayant évidemment été complice de ce moment d’émotion qui ne sera pas décrit pour réserver les lignes suivantes à un petit compte-rendu des portes ouvertes. S’il est court, c’est d’une part en raison d’un rythme plus sage dans le nombre de domaines visités et, d’autre part, parce que les dégustations n’ont pas toutes été convaincantes, mais c’est évidemment une histoire de goût, ou de parcours. Voici rapidement quelques arrêts programmables pour les prochaines années.

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Le Château du Taillan (photos ci-dessus) a offert un bel accueil agrémenté d’une visite sympathique. J’étais curieux d’y gouter Dame Blanche, le blanc, sur le millésime 2011. Ce dernier est en-dessous du 2010, à mon goût.
Si le bâtiment principal est imposant, les annexes offrent à la visite un lieu curieux, avec une salle imposante où un superbe feu de cheminée invite à réserver pour le déjeuner. Un site à visiter.

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A la Winery, à Arsac, un conseiller clientèle, Forian, propose une sympathique série à la dégustation. Tous les vins étaient de belle facture, l’expression étant utilisée dans sa polysémie. En effet, les crus étaient de qualité mais à des prix peut-être un peu au-dessus du raisonnable. Certes la structure et le personnel présent grèvent le prix de revient de la bouteille mais, par exemple, Petit Manou 2010 (délicieux, j’y reviendrai dans le prochain post) est à 14,90 euros, alors qu’il est à 9 euros chez Dubecq (http://www.dubecq.com) et à 10 euros à la propriété (certes, il faut y aller, c’est haut dans le Médoc…). Ayant fait le tour de la cave, les prix sont sur d’autres crus plus corrects et il y a vraiment une belle sélection de vins, pas uniquement bordelais. A visiter, en ayant connaissance préalable des prix. Force est de constater que le conseil semble y être bon, et après tout cela se paie. J’y retournerai prochainement pour affirmer ou infirmer cette hypothèse.

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Pour le déjeuner, comme l’année dernière, direction Château Le Crock. Un couple d’amis nous rejoint pour ce moment convicial.
Le menu à 15 euros comporte une assiette de charcuterie, une pièce de viande et des frites, une assiette de fromage, un fondant au chocolat et un vin à volonté. Le propriétaire, Didier Cuvelier, s’est joint à nous pour partager ce déjeuner. Discussion intéressante sur des sujets faciles à imaginer. Ce sympathique moment est passé bien vite. Rendez-vous, pour la troisième fois, en 2014 si le château réitère. Incitons-le.

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A la dégustation, Le Crock 2008. Robe sombre, nez riche, bouche fraiche et plus gourmande que ce que j’aurais imaginé pour une appellation, et un cru, habituant l’amateur à la patience. Un vin droit, servi un peu trop frais, mais c’est franchement bon et d’un bel équilibre. Je n’ai pas l’assemblage du 2008 mais la fiche technique sur le site du Château annonce 55% Cabernet Sauvignon, 30% Merlot, 10% Cabernet Franc, 5% Petit Verdot. La Croix de Saint-Estèphe, second vin du domaine, est dégusté dans son millésime 2009. C’est déjà accessible, flatteur, gourmand, rond et également frais. Très agréable pour 13 euros à la propriété.

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Un arrêt au Château Lilian Ladouys (photos ci-dessus), récemment repris par Jacky Lorenzetti dont on entend dire qu’il est en train de redresser le Château Pedesclaux (Pauillac) de belle manière. La visite du site est fort bien faite par une jeune femme y travaillant.

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Un petit jeu propose trois vins à déguster à l’aveugle. Il faut reconnaître les vins du propriétaire et le millésime. Voici une photo de ma copie avant qu’elle ne soit glissée dans l’urne. Les bonnes réponses étaient : Pauillac, Pédesclaux, 2004 ; Saint-Estèphe, Les devises de Lillian Ladouys, 2009 ; Saint-Estèphe, 1991, Lillian Ladouys. J’étais tout proche.

Le dimanche matin, impossible de ne pas m’arrêter au Château Cantemerle tant le millésime 2010 m’avait, l’année dernière, enthousiasmé (gros coup de cœur). Quelques mois plus tard, il avait été dommage de constater une hausse sensible du prix de la bouteille lors des foires aux vins de septembre 2012. A l’évidence, cette conscience d’une réussite s’était ressentie (autour de 27 euros ; cela restait irrésistible, mais rageant). Très franchement, cela fait râler l’amateur. Conséquemment, bien que ses notes lors des primeurs aient été bonnes, je n’ai aucune hésitation pour dire ici que le 2011 est très loin de m’offrir la même satisfaction que le 2010. Ses notes végétales sont dérangeantes et même à 20 euros, il restera en rayon (à moins que la bouteille n’était pas au top, mais je suppose qu’elle avait été goutée).

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La visite du Château Monbrison (Margaux, ci-dessus) a été très appréciée. Le château est replacé dans son contexte historique (voir le site web) par monsieur Vonderheyden, celui-ci insiste sur le souhait de rester sur une approche traditionnelle d’un vin de Margaux ancré dans le terroir. L’itinéraire qu’il conduit pour nous mener, après les cuves et les chais à barriques, à la salle de dégustation est l’occasion de distiller des informations techniques insistant sur ce choix.

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La dégustation révèlera un vin à l’image qu’en a préalablement décrit le propriétaire. C’est la première fois que ce Château ouvre ses portes pour le printemps des Châteaux et c’est heureux. Nous goutons le Margaux Château Monbrison 2008 (55% Cabernet Sauvignon, 37% Merlot, 5% Petit Verdot et 3% Cabernet Franc), effectivement d’une veine classique, il est un peu serré, sans être fermé, fin et subtilement épicé. Le potentiel est là. Je m’interroge sur le choix de ce millésime, nécessitant une attente, pour cette opération portes ouvertes. Cela me plait. Ce 2008 se révèlera plus tard. Le Château Cordet est plus disponible, encore sur une phase où le fruit est généreux. Le Haut-Médoc porte le même nom que le Margaux (sans « Château »), l’idée étant sans doute que le Margaux tire le Haut-Médoc. Si le château réitère en ouvrant l’année prochaine, un arrêt s’impose pour gouter d’autres millésimes de ces crus qui plairont aux amateurs de vins traditionnels de belle facture.

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J’ai entendu tout et son contraire sur le Château Chasse-Spleen (ci-dessus). Souhaitant faire gouter un Moulis à mon pote, et parce que j’en ai sorti quelques flacons qui avaient fort bien officié, nous nous arrêtons pour constater une générosité appréciée. En effet, une intéressante série est proposée : le Blanc (2007), l’Oratoire (2005, 2007, 2008), Chasse-Spleen (2003, 2005, 2006, 2009, 2012 également), Gressier Grand Poujeaux (2009, 2010) et je ne serais pas surpris d’en oublier un ou deux. N’en déplaise aux détracteurs occasionnels, c’est bon. Le Gressier m’a agréablement surpris. Chasse-Spleen 2005 et 2006 sont à attendre. Le 2009 surclasse les autres. Un nez riche, une bouche suave, ample et douce, une belle longueur.

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Une mention aussi pour le personnel présent : agréable, offrant des doses permettant de mâcher le vin pour mieux l’apprécier. Un seul bémol : des prix trop au-dessus de ce qu’on trouve lors des foires aux vins. Mais pourquoi certains châteaux n’offrent-ils donc pas, à l’amateur ayant fait l’effort de venir à leur rencontre, de vraies promotions lors des opérations portes ouvertes ? Pourquoi ne pas offrir le même prix qu’en foire aux vins, uniquement durant ce type d’opération ? Certes, avec intégration des conditions de garde pour les millésimes anciens. L’énorme avantage, c’est que l’amateur peut gouter. Je peine à imaginer que le château ne s’y retrouverait pas, y compris en terme d’image auprès de l’amateur, et le fidéliser. Après tout, ce n’est qu’une fois par an après tout.

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On remarquera un goût pour l’art contemporain, qu’il est possible de partager, sauf peut-être pour la couleur des chais à barriques…

Enfin, arrêt au Château Micalet, Haut-Médoc, bio, une belle série avec une mention spéciale pour le 2009 d’un très beau rapport qualité prix pour 11 euros.

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