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Compte-rendu : Portes ouvertes des châteaux de l’appellation Saint-Emilion 2015.

5 juin 2015

L’opération Portes Ouvertes des châteaux de Saint-Emilion s’est déroulée sur trois journées (du 1er au 3 mai 2015) dont les deux premières n’ont pas été généreuses côté météorologique. Avec deux amis, nous avions prévus quelques châteaux, voici ceux qui ont retenu notre attention sur cette édition, sans omettre de repasser vers quelques valeurs sûres régulièrement évoquées (tout comme leurs vins, évidemment) dans ce blog.

Comme pour chaque opération Portes Ouvertes, les commentaires sur les vins sont sommaires, il ne s’agit pas de fiches dégustation.

C’est au Château Lyonnat que notre escapadoenophile a commencé. Il se situe en appellation Lussac Saint-Emilion. Charlotte Mihade (la fille des propriétaires) et Valentin Généré (son époux) nous ont fait une belle visite ; Ingénieurs agronomes et œnologues, ils ont mesuré nos connaissances et leur propos s’est parfaitement adapté à notre curiosité. Charlotte nous rappelle l’histoire familiale en lien avec le vin, démarrée avec un aïeul ayant créé une maison de négoce dans les années 30.

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Ces jeunes vignerons sont d’une agréable compagnie et la dégustation a montré la qualité des crus locaux, même si le 2011, tout juste ouvert, se goute moins bien que les 2010 aujourd’hui. Il faut juste l’attendre un peu, ou le carafer.

Nous commençons avec un Bordeaux Supérieur, Château Tour d’Auron 2010. Vin avec une belle matière, un raisin mur, sur une combinaison de fruits rouges et noirs, des notes de réglisse. Un petit côté « too much » mais qui passe bien, plus sage après un carafage (gouté les jours suivants à partir d’une bouteille emportée). 7,45euros, cela s’essaye sans hésiter, on est dans le très bon rapport plaisir prix.

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Château Lyonnat 2011, Lussac Saint-Emilion, aurait mérité un carafage. Il n’est pas fermé mais il n’a pas eu le temps de s’exprimer même si le potentiel est là. Le millésime 2010 proposé est celui de la cuvée Emotion, le grand vin local. Il est fait avec des vignes plus âgées. Ce monocépage (Merlot) joue dans une autre cour. Un très joli vin qui mérite d’être attendue mais qui se goute bien aujourd’hui, même si le carafage lui aurait également profité. Je ferai prochainement une fiche dégustation sur ce beau vin.

Les tarifs sont tout-à-fait abordables au particulier. L’amateur doit gouter, s’y arrêter lors d’un passage. Une boutique permet d’acheter les vins. Je ne suis pas mécontent d’avoir placé ce château dans la liste de cette édition 2015.

Ensuite, nos nous sommes arrêtés au Château de Môle, à Puisseguin, d’une part parce que c’est un plaisir de visiter à nouveau cette belle demeure, ses chais (voire ses chambres, ici mon premier billet) et, d’autre part, parce que je voulais emporter une bouteille du millésime 2010 (j’ai tant aimé le 2009, voir ici). Très bon accueil de la propriétaire, Madame Auger, prolixe, avec qui nous avons un bel échange. Ce site est inratable si vous ne l’avez pas encore vu. J’habite à 30 km mais il faudra qu’un de ces jours j’y loue une chambre. Les vins, eux, sont d’ores et déjà en cave.

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Impossible également de rater les vins de la famille Bertrand et l’arrêt au Château Carteau Côte Daugay est aussi l’occasion de visiter la nouvelle salle de dégustation. Il y a du monde… le consommateur ne se trompe pas, le rapport plaisir prix est au rendez-vous avec Château vieux Lescours, Château Franc Pipeau et Château Carteau.

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Nous avons dégusté le primeur 2014 de Carteau qui est très prometteur, bien posé, ainsi que le 2012, très agréable aujourd’hui, avec de l’élégance, dans un style un peu différent des autres millésimes.

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Ensuite, direction Château Gaillard pour rencontrer Catherine Papon-Nouvel et son époux Eric Papon venu la soutenir durant ces journées (il est Professeur de Chimie et vice-Président de l’Université de Bordeaux). Catherine est œnologue et acquiert Château Peyrou en Côtes de Castillon. Elle prend, depuis fin des années 1990, en main les différents crus de la famille, notamment Château Gaillard, Petit Gravet Ainé et Clos Saint-Julien. Nous avons gouté les trois derniers. Sans détour il faut le dire, voici de beaux crus, désormais bio, qui m’ont beaucoup plu.

Château Gaillard est gourmand (assemblage majoritairement Merlot accompagné de Cabernet). Château Petit Gravet Ainé (Saint-Emilion Grand Cru) est un 2008, fruité, qui se goute très bien aujourd’hui. Clos Saint-Julien 2012 est un vin classieux, d’une belle structure, de la matière habilement combinée à l’élégance, une belle longueur. On sent qu’il n’est pas à son apogée aujourd’hui, il faut l’attendre encore un peu. Le patient sera sans aucun doute récompensé. Deux vins dignes d’être classés. L’équilibre caractérise ces trois vins, qu’il faudrait à nouveau gouter en condition pour réaliser une fiche de dégustation sur le blog.

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Château Capet-Guillier est posé sur un très joli site.

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Si l’opération Food truck est reconduite l’année prochaine, n’hésitez pas à y prévoir votre arrêt. Flavien et Maxime (Baginfoodtruck.com) vous concocteront un délicieux Bagel et il ne faut surtout pas oublier leurs bons Mufin. Tout ça pour un prix tout doux, et c’est vraiment bon.

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Côté vin, j’ai gouté des productions de belles factures, du Bordeaux Supérieur aux deux Saint-Emilion Grand Cru. Château Tour de Capet offre une certaine gourmandise combinée à une fraicheur le rendant élégant. Mais l’élégance est surtout portée par Château Capet-Guillet 2012, dont la robe confesse la finesse.

 

Impossible de ne pas faire un arrêt au seul Premier Grand Cru Classé Ouvert, Château Valandraud. C’est l’occasion d’un nouvel échange avec Jean-Luc Thunevin, évidemment présent (Murielle Andraud étant au centre ville pour Clos Badon) et toujours accessible pour une discussion sur un thème du vin.

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Belle série à la dégustation. J’y ai remarqué un Bad Boy 2012 fin, long. Il devrait plaire au plus grand nombre car il est très accessible en se livrant parfaitement aujourd’hui. Un beau vin de copains. Virginie de Valandraud Blanc 2012, très aromatique, bouche vive, plutôt droite, longueur. C’est bon. Château Valandraud, 2011, sombre, droit, bouche élégante malgré la matière et un brin de fraicheur en finale très agréable, des épices (notamment réglisse). De loin le meilleur vin du WE, mais aussi, cette fois de très loin le plus cher, alors on remerciera les propriétaires qui ont la sympathie de le faire gouter, certes les curieux venus voir « le mythe du garage à la française » en profitent. Bref, c’est cool et d’autant plus risqué que les conditions ne sont pas les meilleures pour comprendre et apprécier ce vin.

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Les vins de Denis Barraud seront les derniers dégustés lors de cette opération Portes Ouvertes des châteaux de l’appellation Saint-Emilion et périphériques. Autrement dit, je termine avec une valeur sure puisque ces vins ont été appréciés sur ce blog et une escapadoenophile à Branne, aux chais, a été un grand moment (voir ici).

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Château de La Cour d’Argent (2009, 2011, 2012), Château Les Gravières (2010, 2011, 2012) et Lynsolence (2008, 2012) sont proposés à la dégustation. L’amateur y retrouve alors les vins qu’il connaît, et que je vous propose de retrouver ici :

Château de la Cour d’Argent 2009, 2010 et 2011 : ici 

Château de la Cour d’Argent 2012 : ici

Château Les gravières : ici

A noter que le 2012 se goute déjà fort bien mais saura attendre tranquillement, notamment Lynsolence, une belle quille dont il me faudrait faire une fiche dégustation prochainement.

La qualité et la régularité des crus de Denis Barraud fidélisent le consommateur. Dès La Cour d’Argent, on flirte avec des vins qui jouent pourtant dans une autre catégorie. Pour preuve, lisez donc ci-dessous le commentaire de Robert Parker sur le millésime 2012.

Quand on sait que ce cru est vendu environ 8 euros et que le prix primeurs pour le particulier qui voudrait acquérir le 2014 le paiera moins de 6 euros ttc (livrable en 2016), franchement, si vous ne prenez pas contact rapidement, c’est à n’y rien comprendre.

Le primeurs des Gravières est à 15,60 ttc et Lynsolence est à .. je n’ai pas noté le prix, contacter le propriété ici.