panneau Lalande

Portes ouvertes des châteaux, appellation Lalande de Pomerol, 27 et 28 avril 2013

30 avril 2013

La journée passée dans les châteaux de l’appellation Lalande de Pomerol a été bonne malgré une météo très différente de l’année dernière où le soleil rayonnait tant qu’il pouvait pour la saison. En 2013, il s’est montré timide et le pique-nique entre amis (nous étions 4) a été réduit à un sandwich vite avalé. Côté dégustation, deux châteaux ont retenu notre attention.

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L’arrêt au Domaine de Grand Ormeau était incontournable. Voici plusieurs années que la production de l’équipe de Jean-Paul Garde est suivie et, une nouvelle fois, elle ne nous a pas déçu. L’accueil est toujours à la mesure de la belle éducation de cette maison que tout amateur doit visiter, qu’il soit plus ou moins connaisseur, le maître des lieux maniant remarquablement l’empathie. L’un d’entre nous ne connaissant pas la propriété, Jean-Paul Garde nous propose une visite express pour ne pas lasser les trois autres (mais comment cela serait-il possible avec lui ?) ; bref, nous avons fait la même visite qu’en 2012 mais en accéléré (voir le post relatif à cette rencontre ici, une autre ici).

Il nous a conduit à nouveau dans cette parfaite salle de dégustation, à l’étage, pour nous proposer une série dans le millésime 2010, ainsi que deux primeurs 2012.

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Dès le Château Goujon (un Montagne Saint-Emilion), le ton est donné, c’est-à-dire que la patte locale est immédiatement pointée. Ce sera la même chose pour les autres crus : Domaine de Grand Ormeau et Fleur des Ormes (la cuvée exploitant les vignes les plus anciennes) en Lalande de Pomerol, La Truffe en Pomerol. Ajoutons-yChâteau Marchesseau en Lalande exploité par le fils Garde.

Les vins sont bons, harmonieux et les prix sont ajustés. Ce sont des vins que certains qualifieraient de féminins, dans le bon sens du terme car ce qualificatif est parfois utilisé pour gommer un manque de puissance. Ce ne sera pas le cas ici. Les vins ne sont pas puissants, mais ils ne leur manquent rien par une bonne maîtrise de leur équilibre. Par exemple, l’alcool, comme pour tous les 2010, flirte les 14 degrés, mais ce taux ne pèse absolument pas. Les vins de cette propriété sont élégants.

Il faut, si possible, gouter la gamme pour identifier les crus préférés. J’ai toujours un faible pour le Domaine de Grand Ormeau, ainsi que pour Fleur des Ormes. La structure est calibrée, le vin est digeste, le grain est fin, un vin propre sans être aseptisé, un élevage discret. Domaine de Grand Ormeau offre, aujourd’hui, un côté gourmand. Fleur des Ormes est sur ce point en « pause ». Ce dernier semblait plus disponible à la dégustation l’année dernière. Simplement, il se referme actuellement pour appeler notre patience et s’offrir plus complexe dans quelques années. C’est heureux, ma cave en abrite. Marchesseau n’est pas à oublier ; il possède un côté petit fruit rouge très agréable.

Les primeurs 2012 sont prometteurs. La matière et le fruit sont là. Alors qu’il me faut ici confesser que La Truffe 2010 ne me semble pas refléter la typicité pomerolaise, le 2012 est intéressant, le nez composant déjà avec quelques notes qui lui font bien porter son nom. 2012 sera un bon millésime dans ce domaine. Que Monsieur Garde, s’il lit ces lignes, transmette à son équipe nos meilleurs sentiments.

Il est possible de commander au Château, la grille de tarif téléchargeable ici Tarifs_DGO_2013___Particuliers_1

ps : amis cavistes, pensez à ces crus.

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Le château Haut-Chaigneau propose, outre la visite de la propriété, tout un ensemble d’activités. S’agissant de la dégustation, menée par une sympathique équipe féminine, Château Haut-Chaigneau 2009 et 2010 ainsi que La Sergue 2008. Sur le Haut-Chaigneau (environ 16 euros), le vin est à forte proportion de Merlot, complété, selon les millésimes, par le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon. Le 2009 et le 2010 sont dans le même style, effet millésime mis à part car, comme pour de nombreux crus, le 2010 apporte la fraicheur et l’acidité garantissant une très bonne garde sans perdre le fruité, le 2009 offre quant à lui la gourmandise inhérente à une maturité plus marquée.

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La robe est, dans les deux cas, sombre, le nez trahit encore l’élevage ; la garde semble nécessaire (un long carafage pouvant être essayé). La bouche offre une matière puissante, assez tannique. C’est ample. L’élevage devra se fondre encore un peu, également pour La Sergue, davantage concentré, un vin de garde. L’ensemble de la gamme est de belle facture, c’est très bien fait, j’ai un faible pour le Haut-Chaigneau dont le caractère épicé, légèrement poivré en finale, est séduisant. Les primeurs 2012 du Château Haut-Chaigneau et de La Sergue sont flatteurs. Le Haut-Chaigneau 2012 fait l’objet, durant le WE, d’une offre primeur à 12 euros la bouteille, et un coffret comporte un 2008, un 2009 et un 2010 pour 45 euros. Un cru à suivre, car le travail est bien fait. Rendez-vous en 2013, en espérant que pour cette édition le nombre de propriétés ouvertes soit plus grand. En effet, il est dommage, alors que cette appellation comporte de très belles réussites, que seulement 13 châteaux ont joué le jeu. Certes, les proches Châteaux de Saint-Emilion ouvrent le WE prochain, ceux d’appellation Côte de Bourg le suivant, puis  Pomerol le 26 mai (tous les deux ans pour ceux-ci). Bref, quel que soit le problème, dommage.

Les sites web des deux propriétés :

http://www.domaine-grand-ormeau.com

http://www.vignobleschatonnet.com/fr

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