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Compte-rendu des Portes ouvertes des Châteaux appellation Graves, 17 et 18 octobre 2015

18 octobre 2015

Voici un compte-rendu express de notre participation aux Portes Ouvertes des châteaux de l’appellation Graves. Nous avons finalement visité peu de sites en cédant davantage à la convivialité de notre pique-nique qui, cette année, a duré. Il faut dire que cela faisait un moment que l’équipe ne s’était pas réunie. Nous étions bien, à échanger, profitant de la météo clémente du samedi 17 octobre 2015. Le lendemain, c’était beaucoup plus humide, tant dans l’atmosphère (pluie) que dans les yeux (suite à la fessée reçue par l’équipe de France de Rugby …). Nous avons boudé la sortie dominicale alors que certains châteaux devaient être découverts, et d’autres à nouveau visités (nous avons par exemple manqué le rdv annuel avec Château Brondelle, mais nous le retrouverons l’année prochaine).

Lors de cette édition, nous avons découvert le Château de Budos. Je connais le cru pour avoir gouté, récemment, un millésime 2005 chez des amis. Si c’est la première fois que Château de Budos ouvre ses portes pour l’opération de l’appellation, il est accessible tout au long de l’année. La production est d’ailleurs vendue à la fois à une clientèle fidèle et aux touristes de passage trouvant ici un vin accessible tant en prix (6 euros) que par sa facilité sur le plan gustatif. Le vin est en effet fin, aromatique, très facile à boire. Certains trouveront, à tort, qu’il manque un peu de matière, c’est en fait un vin dont on peut aisément faire son quotidien.

Le 2011 se livre très bien aujourd’hui, les 2012 seront gardés un peu, notamment la cuvée passant en fût, dont on ne perçoit pas franchement l’apport aujourd’hui, mais qui marquera sa différence demain. Voici la liste des crus et des tarifs.

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Les graves supérieurs sont également fins, à la sucrosité mesurée, le 2009 offre une richesse supérieure au 2005 mais également très bien.

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Château de Budos propose deux rosés. Le premier s’approche des productions provençales, et si le second comporte un côté artificiel avec des notes de bonbons anglais, il reste flatteur et ravira autant qu’il surprendra lors des barbecues ou autres ripailles estivales (son contenant, le cubi, y invite).

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En conclusion, cela vaut la peine de vous arrêter au Château de Budos, où l’accueil dont nous avons bénéficié de la part de Laurent donne également envie d’y repasser prochainement.

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Nous nous sommes ensuite dirigés vers le Château Pont de Brion dont la famille Molinari tient les rênes. Ce blog en a déjà parlé ici (portes ouvertes en Graves édition 2012), ici (portes ouvertes édition 2013) et ici (fiche dégustation du blanc 2010). Nous sommes donc en terres connues et je ne cacherai pas que c’est « a priori » avec grand plaisir que toute la troupe va une fois de plus rencontrer la famille Molinari, dont la production qualitative se place dans les très bons et excellents rapports plaisir/prix. « A posteriori » de cette visite ? Comment dire ? … Vivement l’année prochaine !

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Château Pont de Brion va devenir un incontournable pour nous, et c’est avec conviction que chaque membre de l’équipe vous incitera à faire connaissance avec les crus et la famille les dirigeants. Qui plus est, les rouges se goutaient particulièrement bien cette année, du 1998 au 2012. Une belle verticale est effectivement proposée à l’amateur.

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C’est une démarche à la fois généreuse, sympathique et commerciale car le consommateur participant peut alors apprécier l’évolution des vins (et il sera sur ce plan tout à fait rassuré, voire impatient de voir les vins prendre de l’âge s’il les aime ainsi) et identifier aisément un style maison. L’effet millésime est évidemment perceptible, mais, d’une part, une « patte Molinari » les traverse et, d’autre part, même dans les soi-disants petits millésimes le vin est bon, équilibré et même harmonieux. Il y avait par exemple un 2002 qui tenait parfaitement les années. Evidemment, le 2005, grand millésime, était un niveau au-dessus, mais dans le savoir-faire reconnaissable. Quand au magnum 1998, le contenant et le contenu étaient, pour notre bonheur, dans un rapport symbiotique (il semblerait que le volume et la forme du magnum participent à en faire le meilleur contenant possible et, si vous me permettez, à table, cela a de la « gueule »).

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Une verticale de blancs était également proposée. Moins large, elle suffisait à remarquer qu’ils tiennent également les années. Le 2005 offrait des arômes fins en harmonie avec la bouche. Le 2008 est plus évolué que le 2005, sans être dans le registre oxydatif, est d’un nez plus marqué pour une bouche ample. Avec le repas (nous en avions emporté une bouteille), il s’est accommodé de différents mets, et je l’ai personnellement conduit jusqu’au fromage où son accord avec un comté m’a définitivement conquis. C’est ensuite le rouge 2001 qui finit mon repas, très bon.

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S’agissant des vins mis en avant à la vente pour l’opération PO (et à la dégustation également), 2010, 2011 et 2012 pour les rouges, 2012 et 2014 pour les blancs. Pas de 2013 pour le château Pont de Brion, la quête qualitative de Pascal Molinari lui interdit de contourner l’effet millésime de cette année très particulière ne lui apportant pas le raisin attendu pour son grand vin. Celui-ci en fera un autre. C’est courageux et le consommateur n’en est que plus respectueux, mais aussi tranquillisé dans la fidélité qu’il ne peut qu’avoir pour cette belle maison préservant son style. Ce dernier s’inscrit dans la typicité des Graves de grande qualité ne soufrant pas de l’éventuelle (et discutable) évolution du palais d’un consommateur sachant reconnaître le bon, quoiqu’il en soit.

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Comme lors de l’édition 2013, nous avons gouté des échantillons par cépage, ainsi qu’un assemblage de ce que pourrait être le 2015, à ce jour, en tenant compte des propositions souhaitées de Merlot, Cabernet Sauvignon et de Petit Verdot (ce cépage entre pour 15%, et j’aime cela).

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Le 2014 change d’étiquette, laissant apparaître une photo du galet (plutôt qu’un dessin) à la forme de coeur ornant les anciennes étiquettes. Charlotte y est pour quelque chose. La fille de la famille, ingénieur agronome, a rejoint l’équipe. On la verra prochainement dans un reportage réalisé par des journalistes de TF1. En attendant, il est possible de faire sa connaissance certes sur le site, mais aussi dans un article du journal Sud-Ouest.

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Elle a le même plaisir que Pascal et Chantale à recevoir les visiteurs, ce qui nous a semblé évident en la voyant passer avec les groupes suivant le nôtre.

L’année prochaine nous pourrons gouter le 2015 en blanc, il faudra attendre encore un peu pour le rouge. Château Pont de Brion ne lance pas d’opération primeurs.

A ce titre, une requête, Monsieur Molinari, ne vendez pas tout de ce prometteur millésime avant notre prochain passage. Cet appel répond au constat d’une fréquentation croissante du site (et méritée), juste témoignage de la qualité de la production locale. Puisse ce billet participer à faire connaître Château Pont de Brion, où l’accueil est exceptionnel. Un incontournable, je vous dis.