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Château Haut-Marbuzet, Saint-Estèphe, 2006 : Re-AIE ! Re-Ebauche de discussion sur le vin acheté en grande surface

3 avril 2016

Je peine à distinguer la tristesse de la colère. Les dépenses consacrées au vin constituent un choix qui n’est pas neutre sur le budget du ménage, surtout lorsque le passionné aime avoir de belles bouteilles en cave. Trente euros pour un col, cela constitue déjà une part de sacrifice. Alors lorsqu’une telle bouteille déçoit, les sentiments évoqués se manifestent ; lorsque c’est à plusieurs reprises, la tristesse refait surface et la colère se ravive.

Pour immédiatement dédouaner le producteur du cru concerné par mon billet, il convient de rappeler que je l’ai gouté, dans ce millésime 2006, en 2013 lors d’une dégustation au CIVB. C’est le propriétaire qui avait apporté les cols, à l’occasion d’une dédicace d’un livre qui lui était consacré. C’était franchement très bon et quel plaisir, alors que je me délectais de ce vin, de savoir que j’en avais quelques-une en cave (aux conditions de garde excellentes). Quelques semaines plus tard, il devenait irrésistible de partager ce plaisir avec des amis (ces moments conviviaux où vous voyez le même plaisir sur la tête de vos potes). « Patatra », le Haut-Marbuzet 2006 alors ouvert offrait un contenu sans intérêt, insipide. J’écrivais, dans ce blog, un billet le 22 juin 2013 (à lire ici), imputant cette déception à la provenance de la bouteille, un vin acheté en grande surface. Il faut dire que quelques temps auparavant plusieurs Maucaillou 2005 de la même provenance avait fini à l’évier. Difficile d’imputer l’insipidité au cru ou à un défaut de bouteille puisque la dégustation au CIVB avait été un si bon moment (qui plus les critiques de ce vin sont bonnes,  exemple ici). Mais admettons le doute … Autrement dit, attendons quelques temps pour en ouvrir une autre.

Et nous y voici, environ trois ans plus tard, c’est-à-dire hier, Haut-Marbuzet 2006 est sorti de la cave, en croisant les doigts. A l’ouverture, déjà le doute pointe, le carafage et le temps n’apporteront rien. Le résultat est le même.

De la même provenance, j’en ai encore, cédant aux appels des foires aux vins, notamment pour ce cru. Erreur que je paie. Je n’ai plus d’espoir pour les 2006 qui  restent (3). Je croise à nouveaux les doigts pour les autres (des 2005, 2008, 2009, 2010). 14 Haut-Marbuzet toujours en cave, cela fait une somme rondelette, alors je regarde désormais ces étiquettes avec, forcément un doute, une crainte, voire du désarroi, que sais-je encore … La colère passe, la tristesse reste.

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ps : tant que faire se peut, achetez en primeurs, ou en livrable chez les propriétaires ou chez les bons négociants ou cavistes. Les quelques euros de plus ne sont rien à côté des expériences malheureuses des vins achetés en GMS. Dans tous les cas gardez vos tickets ou vos preuves d’achat, parce qu’elles ne rechignent par contre normalement pas à la reprise. Je ne les ai malheureusement pas gardé.